Il était impossible de bien commencer l'année 2026 sur La Revue sans un nouvel
article dédié à une série culte !
Aujourd'hui nous nous intéressons donc à Goldorak (Grendizer en version
originale), datant de 1975. Devenue absolument mythique, son succès
fulgurant (à l'image des poings du robot) était en réalité assez inattendu,
aussi bien du côté japonais que du côté français. Pour cette raison, sa programmation
en France débutera de manière assez timide en 1978... Ce sera réellement
à partir des années 1980 que le grand public la découvrira.
Sur la lointaine planète Euphor, l'empire des forces de Vega (du nom
de leur souverain) assouvit sa soif de conquête en s'emparant par la force
de ce monde pacifique, non sans en massacrer la majeure partie de la population ainsi
que la famille royale. Mais le jeune prince Actarus parvient à leur échapper à bord de
Goldorak, un robot géant pouvant voyager dans l'espace grâce à sa soucoupe porteuse.
Ayant trouvé refuge sur la planète bleue, le « prince de
l'espace » n'aspire qu'à vivre en simple terrien, ne rêvant que de paix.
Deux ans plus tard, alors que ses ennemis se rappellent à son
« bon » souvenir, le sens aigü du devoir d'Actarus
le conduit à reprendre avec courage les commandes de Goldorak.
Celui-ci va désormais tout faire pour que la Terre ne subisse pas le même sort
que sa planète natale.
Présentation et histoire de la création de Goldorak
La série s'intègre pleinement dans la grande époque de la fascination pour l'espace,
caractéristique des années 1970. Plusieurs événements ont posé les bases de ce
contexte favorable, mais le plus déterminant en ce qui concerne Goldorak,
c'est le phénomène OVNI des années 1950-1960 et les histoires abracadabrantesques
associées. A ce moment tout le monde attend, soit avec appréhension, soit
avec impatience, l'instant où une « soucoupe volante » atterira
au beau milieu de son champ, à l'image du personnage Rigel qui observe
les appareils étrangers, et tente à chaque fois de les contacter.
A ce titre, le design des vaisseaux construits par les envahisseurs extraterrestres
de l'empire de Vega s'inspire clairement de l'imaginaire collectif associé aux OVNI
à l'époque. Par ailleurs, l'homme n'ayant posé son pied sur la Lune qu'à peine
six ans auparavant, le satellite naturel de la Terre occupe une place de choix
dans l'intrigue, en tant que lieu d'emplacement de la base avancée de l'empire de Vega.
Tout cela inspirera également le design de l'appareil expérimental d'Alcor du début
de la série, appelé OVT (T.F.O. en version originale) pour
« Objet Volant Terrien », et bien sûr celui de Goldorak
et de sa soucoupe.
Les appareils conçus par le Pr Procyon, apparaissant ultérieurement,
auront un design terrien plus conventionnel.
L'histoire de la conception de Grendizer, puis celle de son arrivée en France
sous le nom de Goldorak sont assez rocambolesques.
La série a en effet été créée à la demande de Popy (future Bandaï)
qui commercialisait les produits dérivés de Mazinger, manga à succès mettant en
scène un robot géant et écrit par
Gō Nagai,
le futur dessinateur de Grendizer. La société souhaitait
en effet vendre davantage de jouets, et a travaillé avec Fuji TV à l'élaboration
d'un nouvel anime du même genre, mais incluant aussi des extraterrestres
afin de bénéficier de cet engoûment pour l'espace, et d'élaborer de nouveaux designs.
Une partie de l'univers de Mazinger a été repris, à l'image du personnage
de Kōji Kabuto (Alcor), car Popy y tenait absolument pour
« connecter » les deux séries et vendre encore plus de
produits... Cependant il n'était pas question de faire de Grendizer une
simple suite de son prédécesseur, mais bel et bien une création originale.
Bien que Goldorak puisse donner aujourd'hui l'impression d'avoir mal vieilli,
il faut savoir qu'à l'époque, son design ainsi que la mise en scène des combats
sont de réelles avancées par rapport aux séries d'animation
« mecha » antérieures. Cela est notamment porté par les
magnifiques musiques de
Shunsuke Kikuchi (1931-2021)
que l'on retrouvera dans Dragon Ball et sa suite, celles-ci contribuant également
sans aucun doute au succès des aventures de Son Goku.
Goldorak va faire partie du début de la grande vague d'importation
des séries japonaises en France, presque par hasard. Les chaînes françaises,
qui souhaitent développer leurs programmes jeunesse, achètent
les droits des anime en masse, sans vraiment s'intéresser individuellement
à chacune de ces oeuvres. Cela leur coûte en effet 20 000 francs par épisode
tandis qu'un dessin animé produit en France revient à 30 000 francs la minute.
Acquises aléatoirement puis adaptées à la va-vite par des équipes
qui ne comprenaient pas grand-chose aux mangas ni au japonais, elles débarquent
sur les écrans français en présentant des différences sensibles vis-à-vis de leur
version originale. C'est le cas de Goldorak, où tous les noms de personnages
ont été changés (sauf Vega, voir la première question de la FAQ)
ainsi que plusieurs éléments de l'intrigue. A titre d'exemple, il n'y a pas
de « Golgoth » en japonais, ce nom étant d'inspiration biblique.
Cela explique, entre autres, la programmation timide de Goldorak lors de
ses débuts en France, avant que son succès rententissant ne se confirme.
La FAQ totalement non-officielle
Pour changer un peu de ce que j'écris normalement sur mes pages dédiés aux séries,
je vous propose cette fois une petite liste de questions et réponses, rassemblant
les interrogations les plus courantes au sujet de Goldorak !
Tout cela n'a rien d'officiel bien entendu, mais les informations que j'ai pu glaner
m'ont eu l'air plutôt solides et les réponses devraient donc être fiables.
Si vous constatez cependant que des erreurs se sont malencontreusement glissées,
n'hésitez pas à me le signaler.
Cliquez sur une question pour afficher la réponse correspondante.
D'où vient le nom Goldorak de la VF ?
C'est en effet une pure invention française. L'importateur du dessin animé,
Jacques Canestrier, trouve que Grendizer ne sonne pas bien dans la langue
de Molière. Il prend alors pour base Goldfinger, le nom d'un célèbre ennemi
de James Bond, commençant par la même lettre et phonétiquement semblable.
De plus, il trouve que « Gold » fait assez
« premium » (sans commentaires...)
Par suite, Canestrier mêle celui-ci au nom du magicien Mandrake, afin d'obtenir
quelque chose d'original. Cela aurait aurait donné « Goldrake »
en premier jet, mais sa fille de huit ans n'arrive pas à prononcer correctement
ce nom. C'est alors elle qui va suggérer à son père
« Goldorak » à la place !
Au passage, les noms des protagonistes que l'on connaît tous, inspirés d'étoiles
et de planètes pour coller au thème de la série, sont également une pure invention
franco-française.
Cela permettait aussi de faire écho au nom de l'antagoniste
principal, s'appellant lui véritablement Vega
(« Grand Stratéguerre » est un titre).
Goldorak fonctionne-t-il avec des commandes vocales ?
C'est probablement l'une des questions les plus débattues. Actarus a pour habitude
d'annoncer systématiquement ses attaques à haute voix, ce qui a laissé penser à de
nombreux fans au travers des années que Goldorak se pilotait à la voix.
Cependant à chaque action, Actarus actionne clairement un bouton ou un levier.
En réalité, il s'agit de la reprise d'un vieil usage des films d'art martiaux
japonais traditionnels, où les opposants combattent de manière codifiée et ritualisée
en annonçant le nom de leur prochaine attaque. Cela se retrouvera dans de multiples
séries japonaises par la suite, Dragon Ball en tête mais même aussi
Jeanne et Serge, ainsi que dans nombre de jeux vidéo.
Accessoirement, cela permet de « meubler »
les scènes de combat, notamment lors d'un affrontement contre une machine
autonome, qui ne parle pas.
Pourquoi Actarus effectue-t-il plusieurs tours lors de son transfert ?
Cette particularité a suscité au moins autant d'interrogations que la question précédente.
Aucune explication n'est donnée sur l'intérêt éventuel de ces rotations, et une théorie
régulièrement avancée est qu'Actarus peut ainsi observer ses environs
pendant le transfert. Toutefois le couloir dans lequel se déplace son siège
ne montre aucune fenêtre.
Cela n'a probablement qu'un but artistique, ce qui semble être
confirmé lors de certains épisodes où l'on découvre la manoeuvre sous différents
points de vue.
C'est une manière de montrer au spectateur les deux cabines
différentes, et plus généralement la taille imposante du robot et de sa soucoupe.
Les ennemis d'Actarus sont-ils originaires de l'étoile Véga ?
Les titres de quelques épisodes et plusieurs répliques tout au long de la série
peuvent le laisser entendre. Bien que cela soit en effet le nom de leur chef,
aucun dialogue en version originale ne permet d'affirmer que la planète Stykadès
de provenance de la plupart d'entre eux soit en orbite autour de l'étoile Véga.
Le nom de l'antagoniste principal a probablement été choisi par les scénaristes
japonais pour qu'il s'intègre au thème spatial de l'anime, sans rapport avec
son origine. Véga restant l'une des étoiles les plus connues du grand public.
Y'a-t-il une différence entre les « Golgoths » et les « Antéraks » ?
En principe, les « Antéraks » sont censés être des engins pilotés,
tandis que les « Golgoths » sont des robots autonomes.
Mais d'un épisode à l'autre, il arrive que ce soit tout simplement l'inverse...
La raison, c'est que cette distinction de nommage entre les deux types d'adversaires
de Goldorak est à nouveau une spécificité de la version française.
Leur aspect étant par ailleurs parfaitement similaire.
Dans la version originale, aucune différence de nom n'est employé, bien qu'en
effet certaines de ces machines soient pilotées et d'autres non.
Goldorak est-il un Golgoth ?
L'origine de la machine de guerre d'Actarus fait souvent débat et à juste titre.
En effet dans la version française de
l'épisode 02,
il est dit que Vega aurait conçu celle-ci dans le but de conquérir l'Univers,
et qu'Actarus serait parvenu à lui subtiliser pendant la bataille d'Euphor.
A l'inverse dans la version originale, il est expliqué que Goldorak a été conçu
sur Euphor et il est même précisé dans l'épisode 49 que celui-ci est à l'effigie
du dieu protecteur de la planète.
La motivation principale de l'attaque d'Euphor
par l'empire de Vega aurait été justement de s'en emparer. Ils n'y sont pas
parvenus, mais ils ont pu toutefois récupérer des données technologiques liées
à sa conception.
Quel est le « point faible » de Goldorak, évoqué dans certains épisodes ?
Pour une fois, il ne s'agit pas d'un « artéfact »
de traduction hasardeuse.
Au moment où Actarus utilise « transfert »
pour passer de la soucoupe au robot, il ne peut ni voir ce qu'il se passe autour de lui,
ni réagir à quoi que ce soit puisqu'il ne se trouve aux commandes d'aucune
des deux machines durant la manoeuvre, laquelle dure exactement 13,5 secondes.
Le Pr Procyon craint alors
que les stratèges de Vega aient découvert ce point faible en analysant
les combats antérieurs de leurs engins contre Goldorak.
Le cas échéant, ils pourraient l'exploiter en forçant Actarus à changer
de machine à un instant précis, de manière à lancer une attaque déterminante
durant cette petite fenêtre temporelle.
Pourquoi tous les Golgoths n'attaquent-ils pas simultanément ?
C'est probablement l'argument avancé le plus souvent dans le but de critiquer
la faiblesse scénaristique de la série.
Néanmoins, étant donné que la technologie permettant de créer des engins
transformables et modulaires a été acquise tout récemment par l'empire
de Vega, il est naturel qu'il soit nécessaire d'éprouver ces nouvelles
machines au combat avant de les produire en masse.
Il va d'ailleurs y avoir une progression constante de la puissance des Golgoths
et Antéraks au fur et à mesure des épisodes, ce qui va forcer Actarus à devoir
s'adapter, en permettant à Goldorak de s'appuyer sur d'autres appareils tels
qu'Alcorak, Vénusiak et Fossoirak.
Enfin il est à noter que la série montre sans ambigüité les rivalités
qui existent entre les différents commandants des forces de Vega, chacun d'entre
eux cherchant à éliminer le prince d'Euphor le plus rapidement possible,
de manière à pouvoir être le seul à s'attribuer le mérite d'avoir réussi à conquérir
la Terre.
De plus, ceux-ci subissent aussi la pression constante de leur souverain,
qui attend d'eux des résultats. Sa patience finira d'ailleurs par atteindre
ses limites, puisque vers la fin de la série, Vega décide de prendre lui-même
en charge les opérations.
L'intégralité de Goldorak en téléchargement
J'ai pu vous obtenir une édition remasterisée, publiée à l'origine en DVD par
AB Productions durant les années 2010. L'avantage, c'est que vous y retrouverez
Goldorak dans une version parfaitement fidèle à celle diffusée en France
à partir de 1978, qui respecte le format 4:3 du 20ème siècle, mais dans
une meilleure résolution (704 × 560) qu'à la télévision.
Et en prime, vous disposez de la version originale en japonais avec les sous-titres
en français ! Pour l'avoir passée sur un projecteur, il n'y a rien à redire
sur la qualité, bien que ce ne soit pas pour autant celle
d'un anime moderne. On parle quand même d'une série
qui a plus de 50 ans !
L'inconvénient par contre, c'est que parmi tous les génériques francophones
qu'a connu Goldorak, AB a retenu la version méga gnan-gnan de Noam. 🙄
Qui plus est, il n'est pas possible de se débarrasser de cette infâmie en sélectionnant
la piste en VO, la bande-son du générique japonais n'ayant pas été intégrée alors
qu'il s'agit pourtant exactement de la même séquence vidéo... Je me demande vraiment
ce qui a motivé un tel choix, et seul le Tout Puissant doit le savoir...
Je ne pouvais donc pas vous laisser sans rien d'autre, cela aurait été inacceptable.
Je vous ai donc déniché le générique des Goldies justement nommé
La légende d'Actarus (c'était obligé) comme le sous-titre de cette page !
Il est à noter que dans celui-ci, l'instrumental a été repris directement
du générique japonais.
De plus, on a visiblement affaire ici à une vidéo de travail à un stade
assez primitif de l'adaptation française : les crédits sont encore en japonais,
et le titre est même traduit par le nom initialement prévu : Goldrake (voir la
première question de la FAQ ci-dessus). Collector !
La série est constituée de pas moins de 74 épisodes de 24 minutes.
Il est parfois considéré qu'il y a trois « saisons »
bien qu'une telle distinction ne fut pas pratiquée à l'époque. Ces regroupements
en pseudo-saisons sont délimités par deux couples d'épisodes-charnière, sans
interruption d'action entre chacun d'entre eux : les 26 et 27, puis les 52 et 53.
Mais plutôt que de découper la série en trois, vu qu'on parle finalement
d'un téléchargement de volume comparable à
ce que je propose habituellement sur le site, je vous
ai préparé une unique méga-archive.
⋙ Goldorak - VF+VOSTF, 1975 ⋘
ArchiveZIPcomprenant les 74 épisodes au formatMKV - (15 Go)
De la même manière que pour les Cités d'Or, j'ai dupliqué
quelques épisodes pour vous permettre de déterminer si la qualité vous convient.
Vous pouvez ainsi télécharger indépendamment les deux premiers, mais aussi les trois
derniers qui correspondent à la conclusion de la série. Je l'ai prévu spécialement
à l'attention de ceux qui ont manqué la fin à l'époque, et qui souhaitent juste
voir comment ça se termine !
Il vous faut compter sur 200 Mo de téléchargement pour chacun de ces épisodes. Comme
toujours, ils sont identiques à ceux présents dans l'archive et vous n'avez donc
pas besoin de récupérer ces vidéos séparément si vous avez déjà téléchargé le ZIP.
*Tip* Comment lire les fichiers ? Le ZIP
est une archive, que tous les systèmes récents sont capables d'ouvrir
directement comme un répertoire. Vous pouvez donc lire les fichiers vidéo directement
depuis, ou les copier en dehors de l'archive si vous préférez.
Ensuite pour lire les fichiers MKV, téléchargez et installez le logiciel
VLC media player qui existe aussi pour toutes les plateformes (Windows, Linux, macOS, Android
et iOS). VLC est même disponible sur certaines SmartTV ou projecteurs.
Comme vous l'avez peut-être lu rapidement en haut de cette page, la série a bénéficié
d'un authentique reboot avec la participation de Gō Nagai.
Dans ce nouvel anime, l'intrigue et les personnages sont retravaillés,
un peu à l'image de ce qui a été fait avec
Rebuild of Evangelion.
Cette production ayant été bien accueillie par la critique ainsi
que par les fans, TheRaphit a décidé de s'y intéresser pour vous !