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Intelligence Aberrante II
Ce qui nous attend avec l'IA ces cinq prochaines années...
Cet article fait suite à
L'Intelligence Aberrante
- publié début 2025,
et qui fut déjà l'occasion d'une bonne grosse marade...
Après le sketch invraissemblable de Lucie et sa
mort au bout de trois jours d'intense activité - elle n'a toujours pas réssucité,
comme pourtant promis par l'orchestre de Zapolsky - la folie furieuse
de développement tout azimuts autour des « IA » n'a pas cessée,
bien au contraire...
Depuis ce fameux mois de janvier 2025, nous avons eu droit à l'apparition
des téléphones saupoudrés aux modèles divers et variés de chaque fournisseur
(Galaxy AI, Apple Intelligence), à la recherche Google mettant en avant les
réponses de Gemini, et tout récemment au nouveau navigateur Web d'OpenAI,
directement interfacé avec ChatGPT.
Et maintenant ? Quelles vont être les conséquences à moyen terme de la croissance
frénétique de cette industrie ? Entre le déferlement sur Internet de vidéos moisies - le
fameux « AI slop » - et l'invasion généralisé du monde par
les chatbots qui suggèrent aux jeunes de se suicider, à quoi d'autre peut-on
s'attendre ? M'est avis qu'on a pas fini de « rigoler »...
La douloureuse consolidation à venir
Les capitalisations boursières des sociétés majeures de la Silicon Valley ont atteint
des sommets jamais vu auparavant (avant).
Et au vu de l'engoûment suscité par cette technologie, les craintes de l'existence
d'une bulle spéculative liée à l'IA ne cessent d'être alimentées par les journalistes
et autres youtubers, qui adorent vendre de la peur - leur fonds de commerce.
Tous nous mettent en garde : lorsque ça va péter, ça va faire pan-pan cucul
très très fort !
Généralement, on reproche à l'industrie de l'IA de fonctionner en économie
circulaire. Pour faire tourner le dernier chatbot à la mode, il faut une
quantité astronomique de serveurs et de capacité réseau, que seuls les leaders
mondiaux du datacenter tels qu'Amazon ou Microsoft peuvent fournir. Il faut équiper
ces serveurs de puces puissantes capables de faire fonctionner les réseaux de neurones
des modèles génératifs, et seules une poignée de sociétés au monde, à l'image
de Nvidia, sont capables de les concevoir.
Les flux économiques croisés entre les sociétés liées à l'IA
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Toutes ces grandes entreprises ayant précédé l'ère de ChatGPT
s'appuient désormais sur les modèles vendus par OpenAI ou autres, de
manière à pouvoir fournir de nouveaux services à leurs clients... Quand elles
n'investissement pas carrément directement dans l'IA ! Tout
ce beau monde vise une accélération sans précédent du mouvement, dans un contexte
fort de concurrence internationale, et n'hésitent pas à renverser sur la table
des wagons de sacs remplis de dollars. Et c'est ainsi que la boucle est bouclée.
Chacune de ces sociétés annonce alors des volumes de commandes record, ce qui suscite un appétit grandissant d'autres déteneurs de capitaux.
Toosla n'est pas sans rappeler bien sûr la crise des startup du début du
21ème siècle, qui nous
a quand même offert de francs moments de rigôlad... Cependant il y a
tout de même plusieurs différences notables :
-
Les Intelligences Aberrantes ont le mérite d'exister réellement, au contraire des
technologies supposées de certaines startup de l'époque, lesquelles n'étaient
que du scam. Ahhh, le fameux player vidéo de 40 octets...
-
Il y a un véritable parc d'utilisateurs qui se compte en centaines de millions,
au contraire des sociétés de l'an 2000 qui ne faisaient qu'anticiper de tels chiffres
vis-à-vis d'investisseurs potentiels... Seulement parce que leur application éclatax
avait beaucoup plu à la femme du patron de la boîte et aux enfants du développeur.
-
L'apport de capitaux se concentre dans peu de sociétés, et certaines d'entre
elles - telles Nvidia et Microsoft - sont déjà très fortement rentables.
Bien évidemment, ce n'est pas pour cela que les investissements dans l'IA n'atteignent
pas des niveaux déraisonnables. Certains disent qu'il n'y a pas de bulle spéculative
à partir du moment où l'on prétent qu'il y en a une, le propre d'une bulle étant
que personne ne la voit tant qu'elle n'a pas éclaté. Cependant dites-vous bien que les
intervenants sur les marchés n'ont pas besoin de se trouver dans une béatitude candide
pour se mettre à faire n'importe quoi...
Même si un krach « type 2001 » ne survient pas, une consolidation de cette industrie est clairement nécessaire... Et il y aura de la casse.
Jusqu'à quel niveau ? L'ampleur d'une déroute boursière dépend du niveau de panique
des opérateurs, et c'est un facteur assez difficile à anticiper. Mais il est bien
possible qu'une quantité non négligeable d'investisseurs souffrent prochainement
d'une soudaine douleur aiguë au niveau du fondement, ha ha ha ! 🤣
Toutefois c'est absolument indispensable d'assainir quelque peu tout ce barda si on veut
disposer un jour d'un modèle véritablement utile, par exemple un qui sait compter !
Et en particulier le nombre de doigts qu'il doit mettre à un être humain sur une image...
Plus sérieusement, on ne peut pas continuer comme ça en multipliant des infrastructures
colossales dans cinq ou six sociétés différentes, et tout ça pour faire exactement
la même chose. Parce qu'en attendant, le résultat c'est qu'au lieu d'avoir
un ou deux excellents produits, on se retrouve avec une dizaine de médiocres.
Va falloir que ça pète un bon coup afin que tout le monde redescende sur Terre...
Puis se mette à coder sérieusement ensuite, et produire enfin un véritable outil pérenne.
Les « deep fakes » : la fin des politiciens pitoyables
Dans quelques années, il sera possible de faire dire à peu près n'importe quoi à
n'importe qui, et ce de manière extrêmement convaincante.
A partir de là, il deviendra très difficile de démêler le vrai du faux, et tout
particulièrement pour une génération qui a grandi avec la culture du
« contenu immédiat » et qui n'est pas capable de se concentrer plus
de trois minutes. Les bonimenteurs de la politique-spectacle
que l'on subit depuis bien trop longtemps, avec leurs effets
d'annonces et leur surenchère permanente (alors qu'il n'y a souvent rien de concret
derrière) ne parviendront plus à convaincre avec leur fadaises.
Cela mettra peut-être enfin un terme au règne de l'aristocratie des
politiciens obsolètes incompétents, qui mis à part leurs titres
d'experts en expertise de création d'impôts et de normes, sont totalement nuls à chier
et ne font que nous broyer les arpions à longueur de journée !
Pour la bonne marche du monde et des défis à relever, la disparition de ces
trises sires ouvrirait la voie à l'émergence d'une nouvelle classe de dirigeants
sachant, eux, de quoi ils parlent. Il y en a de nombreux à la direction
de PME et d'ETI, prêts à reprendre le flambeau si on leur en donne l'occasion.
Ils pourront alors agir en dehors de la lumière des plateaux de BFM, et seront
capables de remettre enfin le paquebot sur le bon cap - et surtout loin des récifs
ou autres icebergs.
Ce boulversement politique pourrait avoir lieu bien avant 2030, tellement c'est devenu absolument n'importe quoi.
Bien sûr, certains pourraient qualifier de vils capitalistes ces nouveaux leaders
potentiels... Pour sûr, ils chercheront probablement aussi à servir leurs intérêts,
comme toute personne au pouvoir. Mais au contraire des individus sortis de l'ENA ou
de l'IEP, il arrive à un moment où la somme des intérêts des entrepreneurs finit
par converger vers l'intérêt général. Immunisés aux
« deep fakes » puisque non exposés
(très peu de personnes connaîtront leur véritable identité), ils pourront bénéficier
d'une large fenêtre d'action... Pour n'être ensuite jugés que sur leurs résultats.
Et cela remettra enfin le monde à l'endroit !
La disparition des sites et applications de rencontres
Ah ah ! Avouez que celle-là, vous n'y aviez pas songé. 😄
Les modèles d'IA n'ont pas besoin d'être très pointus - et les perroquets dont
on dispose déjà font l'affaire - pour rédiger
une présentation bien meilleure que ce dont sont capables la plupart
des 20-30 ans, incapables d'aligner trois phrases cohérentes et dont
le vocabulaire ne contient aucun mot de plus de huit lettres... Tout en permettant
« d'améliorer » sensiblement leurs photos au passage.
Cela implique que dans un avenir très proche, il ne sera
plus possible de faire confiance au moindre profil listé sur ces sites ou
applications. Depuis peu, les entreprises de rencontres sont d'ailleurs nettement
moins présentes au sein de l'avalanche des publicités Internet. Clairement, la
bête est mal en point, elle agonise sévère.
Avec une confiance entre les hommes et les femmes déjà fortement rabotée par #metoo, l'IA n'aura pas beaucoup de mal à finir le travail aux rangers.
Jouer l'honnêteté pour tirer son épingle du jeu sur les applications de rencontre,
et tenter d'inverser la tendance ? Oubliez de suite, l'environnement est beaucoup
trop compétitif. Ce serait comme ne pas se doper dans le sport de haut niveau : c'est
certes très vertueux, mais ce n'est pas comme ça qu'on gagne.
On ne regrettera pas ces machins... Et on pourrait même ajouter qu'il y a un
cadeau bonus : étant donné le manque total de capacité des jeunes à interagir
avec leurs semblables en dehors d'Internet, cela ne les aidera d'autant pas
à former des couples stables... Ce qui contribue à mettre un terme à la
surpopulation. 😈
On va tous mûrir ! Ou pas...
Il ne se passe bien sûr pas une semaine sans que l'on nous pompe l'air avec les
« dangers » de l'IA, et au sujet d'une fin du monde fantasmée
qu'elle déclencherait.
Les effaroucheurs à minettes craignent en effet l'émergence d'une
Super Intelligence Artificielle qui pourrait échapper
au contrôle de ses créateurs, agir de sa propre initiative et présenter un certain
risque pour l'humanité, voire un risque certain.
Evidemment que c'est dangereux... Dès qu'une technologie suscite des développements rapides partout dans le monde, elle l'est de fait.
Pour autant, est-ce que c'est pour cela qu'on va tous disparaître dans d'ici ces
cinq prochaines années dans une guerre qui ne durera que quelques minutes, tel que
c'est expliqué sur des vidéos YouTube douteuses ? En réalité, nous sommes loin du
« multi-docteur dans votre poche »
que nous vend Sam Altman... Son biniou n'est déjà visiblement pas d'une grande aide
pour réussir l'examen du barreau, comme notre reine mondiale des influvoleuses
a pu l'apprendre à ses dépends.
Ah bah ça alors... C'est ballot
L'émergeance d'un modèle d'IA qui serait plus intelligent que l'être humain et qui
finirait par les dominer tient réellement du rêve mouillé des milliardaires sur
le papier de l'IA. Même si la production de puces et d'électricité arrive à suivre
un rythme effrené, rien ne devient « intelligent »
sans un processurs au long cours d'apprentissage et de rétroaction que l'on
comprend nous-même pas vraiment. Il va être nécessaire aux IA de passer de longues
années à interagir avec les seuls êtres intelligents qu'elles ont à leur disposition
(nous) afin de parfaire leur apprentissage.
Il ne faut pas croire que toute cette puissance informatique parallélisée permet
de prendre des raccourcis. En réalité, le cerveau humain traite
les informations beaucoup plus vite qu'on ne pourrait le croire.
Le meilleur exemple, c'est l'apprentissage de la conduite. Un jeune humain peut-être
jugé apte à prendre la route seul après quelques mois d'entraînement, ce n'est
visiblement pas encore le cas pour les machines... Et pourtant ça fait bien
une bonne dizaine d'années qu'on nous vend de la voiture autonome.
Ah oui, on ne sait peut-être pas multiplier des nombres de quinze chiffres en quelques
milisecondes, mais clairement en comparaison des expériences ayant actuellement lieu,
les humains causent cent fois moins d'accidents par nombre de véhicules en circulation.
Et vous savez quoi ? Les singes primitifs que nous sommes parviennent à déplacer
un véhicule même s'il a un cône de chantier sur son capot !
Des taxis autonomes à San Francisco, immobilisés par des militants à l'aide de cônes de chantier
Une belle marade « IA » ubuesque comme on aime !
Notez qu'il en a qui ont réussi à trouver ça...
On est juste trop forts en fait. 😎
Au moment de l'écriture de cet article, le nouveau contenu publié sur Internet
est désormais à plus de 50 % généré par des Intelligences Aberrantes.
Il s'agit majoritairement de faux sites de news, ou de photos/vidéos à la qualité
approximative et produits en masse par des modèles génériques. Une fois de plus,
le but c'est encore (et toujours) de bait des visiteurs dans
l'espoir d'attirer ceux-ci vers des profils de réseaux sociaux ou bien encore
vers des plateformes ou applications divertes et variées... Dans le but de
refourguer toujours plus de pub de ses grands morts !
A partir de là, on peut s'attendre à quelques conséquences intéressantes :
-
Les nouveaux modèles vont essentiellement s'entraîner sur des données toutes pourries
produites à la va-vite par les anciens.
-
Les humains vont protéger leurs créations des IA, préparez-vous à devoir cliquer comme
un golmon sur des CAPTCHA à longueur de journée.
-
Les sites écrits avec l'aide de l'IA vont être optimisés de manière à être eux-mêmes lus
par les chatbots (qui se substituent de plus en plus à Google)
le but étant d'apparaître en tant que meilleur résultat de recherche.
Ce qui va rendre le Web de plus en plus inintelligible pour des humains.
Ah oui, on risque de bien se poiler jusqu'à ce que tout cela redescende un peu
de l'orbite géosynchrone !
La Revue de TheRaphit.com
![[Compteur]](https://webcounter.theraphit.com/scripts/Count.cgi?dd=B&ft=1&df=revue.dat)
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