📰 La Revue de TheRaphit.com Article n° 47 [07 avril 2026] [Article au hasard 🎲] [Précédent]  Dernier 


Le livre interdit

Cœur à corps de Jessie Auryann



[Couverture 'Coeur à Corps']

[Télécharger le livre] [Qu'en penser ?]


Ce qui interpelle le plus, ce n'est pas le livre... Mais le fait qu'il soit interdit


Car souvenez-vous...

CEUX QUI ONT BRÛLÉ LES LIVRES
ONT FINI PAR BRÛLER DES HOMMES



Je sais ce qu'on va me dire : « on ne peut pas comparer ce qui n'est pas comparable », mais la réalité c'est qu'on le doit. L'empire du Politiquement Correct, dont l'origine et les fondations sont liées aux pires événements du 20ème siècle, ne fait que passer son temps à semer les graines du retour des « heures les plus sombres ».

Evidemment La Revue ne pouvait pas ne pas passer à côté de ce nouvel acte de muselage en règle. Car oui, ce n'est pas le livre en lui-même qui est intéressant... Mais le fait que toute la néo-bourgeoisie réseau-socialiste se soit déchaînée pour en réclamer l'interdiction, en postant à la chaîne des « C 1 SKANDAL !!! » dans leur français approximatif habituel.

Ont-ils pris le temps de se poser les bonnes questions ? De s'intéresser à l'auteur et de lire les annexes de l'ouvrage ? En bref, ont-ils fait fonctionner leur cerveau ?

Est-il toujours « interdit d'interdire » ?



Les écrits ont régulièrement dérangé bien plus que les guerres ou les exécutions sommaires pour trahison ou hérésie, contre lesquelles peu répondaient présent quand il s'agissait de les dénoncer. Les auteurs étaient des cibles faciles, souvent désargentés.

Mais ceux-ci ont résisté courageusement, en se faisant un malin plaisir de choquer encore davantage en retour, histoire de faire réfléchir.

Les donneurs de leçons de morale se sont attaqués à des textes devenus depuis des monuments de la littérature. Et tout cela avec pour seul argument que c'était, selon eux, « de la perversion » et « en aucun cas de l'art », en cherchant à discréditer ou à traîner plus bas que terre l'oeuvre et son auteur.

[Couverture de 'Madame Bovary'] [Couverture de 'Les fleurs du mal']

D'ailleurs, ce comportement témoigne d'une si grande intelligence qu'à l'ère de l'information, on peut le résumer en une simple ligne de code :

printf("Ce n'est pas %s, c'est %s", art[p:=rand(n)], insult[p]);

Ca marche étonamment bien, et c'est adaptable à tous les genres artistiques. Même pas besoin du chatbot dernier cri pour publier ça sur une quelconque feuille de chou.

« ce n'est pas un livre, c'est un torchon »
« ce n'est pas un tableau, c'est une croûte »
« ce n'est pas une sculpture, c'est un tas de merde »

Je ne pense cependant pas que Cœur à corps deviendra un classique de la littérature française.


Oui, c'est d'un autre style que Charles Baudelaire ou Gustave Flaubert... Mais le schéma reste le même. Ca rabaisse, ça dénigre, ça calomnie.

Un livre ne devrait jamais être interdit, ou l'auteur être la cible d'un procès simplement pour l'avoir écrit, du moins dans un pays se voulant « civilisé » et avec des « droits ». A quoi sert un droit si on ne peut pas l'exercer ? Ici, on parle bien d'une romancière qui n'a été forcée par personne pour écrire son livre, et qui ne force non plus personne à le lire, comme elle le rappelle dans son avertissement initial.



Pourquoi faut-il sans arrêt rappeler aux néo-bourgeois que les pistolets ou les couteaux ne tuent pas, et que ceux qui les fabriquent ne tuent pas non plus. Ceux qui tuent, ce sont ceux qui s'en servent contre autrui.

Quant aux membres du camp du bien, ils vont encore invoquer leur « principe de précaution » inepte pour justifier qu'il faut tout interdire. Surtout ce qui est sans danger, comme un livre ou une chaîne de télévision. Ce sont pourtant les mêmes qui braillaient contre les interdictions à grand renfort de slogans « coups de poing » il y a 58 ans.

C'est à se demander pourquoi ils n'ont pas déjà lancé des poursuites contre tous les prêtres de France au nom de leur sacro-saint principe pour en protéger les petits garçons...

Pourquoi mettre à disposition un tel ouvrage ?



[ Vous pouvez passer cette section narcissique et accéder directement au téléchargement du livre si vous préférez. ]



Généralement, je propose plutôt sur mon site des livres, séries ou films que j'apprécie tout particulièrement.

Mais ici, la démarche est la même qu'avec mon article n° 17 où j'avais publié le fameux manifeste de Justin P. lié à l'affaire du lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides, alors qu'il est bien évident que je ne cherche pas à défendre ce fou furieux - qui n'est d'ailleurs toujours pas en prison.

[Couverture du manifeste de Justin P.]

La couverture du fameux manifeste

On lisait énormément de contre-vérités sur ce document. Un jour, le tueur était d'extrême-gauche dans la mouvance de l'écologie radicale. Le lendemain c'était devenu un admirateur de Hitler. Ma page fit alors une bonne mise au point par rapport à ce que nous racontaient tous ces Homo Journalisticus. Eh bien trente articles plus tard, c'est exactement pareil avec Cœur à corps. Vraiment, rien n'a changé... Incapables d'apprendre de leurs erreurs, c'est très très grave leur cas.

[Article sur lematin.ch]

Lien vers l'article sur lematin.ch

Personne n'a fait son putain de boulot et pris la peine de lire les différents textes additionnels, afin de se renseigner un minimum sur l'auteur et sur ses intentions.

Tout cela est détaillé dans la dernière partie de cet article.

Et pour ceux qui l'ont lu a minima, le livre aurait-il dérangé parce que certains se sont reconnus dans les personnages ? Cela se pourrait bien...



La mise à disposition du livre ici même est également une nouvelle occasion de rappeler que toute cette censure ne sert à rien et n'a aucun putain de sens. La censure, ça n'a jamais fonctionné et ça ne fonctionnera jamais. Cela va toucher ponctuellement les intérêts financiers d'un auteur ou d'un éditeur, mais les idées se moquent éperdument de l'argent. De même que ceux tenant un site indépendant, et qui n'hésitent pas à se passer de la permission des bien-pensants. 😈

[Illustration de ma page sur la censure]

On ne se laisse pas censurer ici

Sachez qu'il y en a même qui seront prêts à risquer leur vie pour défendre leurs idées. Etant donné que Jessie Auryann a publié son adresse e-mail, il me paraît malheureusement évident qu'elle doit recevoir son lot de menaces de mort.

Messieurs les censeurs, cessez de tenter d'interdire ou d'essayer de contrôler Internet : vous perdez votre temps.


Seul le second livre de la duologie est disponible

Cœur à corps fait partie d'un ensemble de deux livres, et le premier opus se nomme Corps à cœur... Ah oui, il ne faut pas confondre !

C'est ce second tome qui a déchaîné les passions... La polémique ne s'est toutefois déclenchée qu'à partir du début de 2026, alors que le livre date d'octobre 2024. Et bien que le tome 1 ne semble pas avoir posé plus de problèmes que ça, je n'ai pas été en mesure de mettre la main dessus...

Même ce second tome a été très difficile à trouver, et j'aurais souhaité pouvoir publier cette page plus tôt ! Mais il faut croire qu'il suffit d'attendre que l'orage passe... Je vous le propose donc au format standard EPUB que vous pourrez utiliser avec votre lecteur hors-ligne ou logiciel préféré, mais aussi en PDF.

⋙ Cœeur à corps, Jessie Auryann (2024) - EPUB1,3 Mo | PDF1,9 Mo ⋘

Cliquer sur le lien EPUB devrait ouvrir une fenêtre de téléchargement, tandis que pour le PDF celui-ci s'ouvrira directement dans un nouvel onglet de votre navigateur.

Pour ceux qui ne voudraient s'aventurer vite fait que dans quelques chapitres, sachez que la narration est un peu particulière... Le roman est à la première personne, mais le narrateur n'est pas toujours le même. Tantôt c'est un homme, et dans d'autres chapitres c'est une femme...

Chaque chapitre a pour titre le nom du personnage jouant le rôle du narrateur et ce qu'il s'y passe a lieu avec son point de vue.

Les titres des chapitres se répètent donc tout au long de l'ouvrage.

Que penser du livre et de l'auteur ?



Je ne vais pas vous faire une fiche de lecture de Cœur à corps ici... C'est avant tout le procès d'intention qu'on a fait au livre qui m'a conduit à écrire l'article.

Rapidement : oui Jessie Auryann ne tourne pas autour du pot. Oui, c'est brut et cru, les descriptions sont poussées au maximum, et c'est clairement tourné pour écoeurer. C'est écrit dans un genre qui n'est pas spécialement littéraire avec des expressions que l'on retrouverait plutôt sur les réseaux sociaux du style « il doit être en PLS », ce qui a pu alimenter la machine à critique dans la catégorie « ce n'est pas de l'art ».

Le livre ne comporte pas de photo, d'image ou de dessin de quelque sorte que ce soit. En dehors de l'illustration de la couverture, il n'y a que du texte. Et pousser à grands coups de pétitions et de menace de procès l'interdiction d'un simple texte, c'est la marque de fabrique des sympathisants d'une idéologie peu fréquentable.



Sans le moindre doute possible, l'auteur n'est ni la perverse ou la dangereuse malade qui nous a été présentée.

Si vous ne devez lire qu'une chose, c'est la note de l'auteure en fin d'ouvrage (je ne cautionne cependant pas l'orthographe). Que ce soit avec le PDF ou le EPUB, vous pouvez vous y rendre directement en cliquant sur les liens de manière à passer l'intégralité du roman si vous ne souhaitez pas le lire.

[Capture page 9 du PDF]

C'est à la page 9 du PDF

Dans le cas où vous ne voudriez pas du tout ouvrir les fichiers, on y apprend que le but de l'auteur était justement de réprouver, c'est à dire l'inverse de « faire de l'apologie ». Il n'y a même pas de doute possible, et une fois de plus tous les moutons TikTok/Twitter/X/whatever se sont contentés de bêler ce qu'avait déjà beuglé tous ceux qui ne savent lire qu'en diagonale (ou qui ne savent pas lire du tout en fait).

La première comparaison qui m'est venue à l'esprit, c'est celle avec le film Zero Dark Thirty (lien Wikipédia) retraçant la traque de Oussama Ben Laden.

[Affiche 'Zero dark Thirty']

On y retrouve plusieurs scènes « d'interrogatoire renforcé ». Bien que tout le monde connaisse l'orientation politique de Hollywood, cela n'a pas empêché le film d'être qualifié de « pro-torture ». Heureusement, en 2012 une majorité de gens ont encore la tête sur les épaules pour se rendre compte qu'en réalité, le film dénonce ces méthodes.

En réalité, les seuls qui seront émoustillés par ces scènes dans le film ou par les passages les plus explicites du livre sont ceux qui ont déjà un problème à la tête, et qui n'ont absolument pas eu besoin d'une quelconque oeuvre pour devenir de gros tarés.



Tout cela donne aussi son sens au sous-titre de Cœur à corps : les monstres ne se cachent pas que sous les lits.

Etant donné que ce type de littérature (appelée désormais « dark romance » car ça fait plus smart que « pornographie ») est surtout lue par des femmes, Jessie Auryann voulait interpeller ses lectrices, pour bien leur faire réaliser quelle est la réalité des hommes qui vivent dans ce monde, et les inciter à ne pas sombrer dans le pire sous l'effet de leur emprise. Ils ne sont en rien les « princes charmants » fantasmés par les jeunes filles, et qui vont venir les sauver du croque-mitaine caché dans le placard. Et honnêtement, pour une fois c'est loin d'être de l'hystérie à la #metoo, l'actualité ne peut pas donner tort à l'auteur.

Elle indique par ailleurs, dans cette fameuse note, avoir eu du mal à écrire le livre et s'être posée la question de savoir si elle allait le publier ou non. Franchement on peut saluer ici un certain courage de sa part, et les féministes devraient même la remercier en fait... Elle plaide bien plus pour la cause que les folasses de l'Assemblée Nationale.

Une citation servant d'introduction au roman est d'ailleurs sans équivoque, je la reproduis ici pour ceux qui ne souhaitent pas ouvrir le PDF ou l'EPUB.

« Les prédateurs ne meurent jamais, contrairement aux victimes, parce qu'ils sont interchangeables. Une monstruosité se substitue à une autre et on recommence. »
  – Andrea H. Japp  

Elle conclut sa note avec plusieurs chiffres ayant trait à la violence contre les enfants, fournis par l'UNICEF et l'OMS. Des questions ?

Jessie Auryann a choisi de choquer pour passer son message, et elle n'est pas la première. Et autant le dire de suite, elle ne sera pas la dernière. Il serait temps que tous les débiles pro-censure se rendent compte de ce qu'il se passe en dehors de leurs followers sur Insta-crame, plutôt que de s'en prendre à ceux qui rédigent du simple texte. Non, ils n'ont pas pointé un flingue dans votre direction...

Sans compter qu'ils sont ridiculissimes à écrire « ped0 » ou « vi*l » (et même parfois juste « v. ») dans leurs diatribes, pour « pédophile » et « viol ». En fait ces gens ont même carrément peur des mots. Pas étonnant que les possibilités d'expression se restreignent de jour en jour sous les diktats de tels énergumènes.



Je vais recycler la conclusion de ma page sur le roman 1984, en citant George Orwell : « Si la liberté a une quelconque signification, elle signifie : le droit de dire ce que les gens ne veulent pas entendre. »

Notez que j'ai fait l'effort de la traduire, pour ne pas que les influenceuses de Dubaï me disent « lenglé cé tro dure g pa konpri ».

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